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	<title>EnseignementPrimaire.ca &#187; Développement personnel</title>
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		<title>Parents et école : un point de vue philosophique</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Oct 2009 20:46:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>NormandBaillargeon</dc:creator>
				<category><![CDATA[Développement personnel]]></category>

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		<description><![CDATA[À défaut de résoudre les problèmes sur lesquels elle se penche, la philosophie — pas toujours, mais souvent! — permet de les mieux comprendre en mettant en évidence certaines difficultés qu’on ne soupçonnait pas. C’est typiquement en proposant des distinctions conceptuelles que les philosophes parviennent à ce résultat. Et c’est encore le cas quand elle se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>À défaut de résoudre les problèmes sur lesquels elle se penche, la philosophie — pas toujours, mais souvent! — permet de les mieux comprendre en mettant en évidence certaines difficultés qu’on ne soupçonnait pas. C’est typiquement en proposant des distinctions conceptuelles que les philosophes parviennent à ce résultat. Et c’est encore le cas quand elle se penche sur l’éducation.<span id="more-86"></span></p>
<p>Prenons justement les rapports entre les parents et l’école. Je ne connais aucune enseignante, aucun enseignant qui ne sente qu’il existe bien, sinon toujours en fait, du moins en droit, une manière de tension entre eux. Mais à quoi tient-elle, précisément?  Certaines distinctions que propose la philosophie de l’éducation me semblent utiles pour la cerner — et je suis curieux de savoir si vous serez d’accord avec moi.  À mon sens, un point de départ bien commode pour discuter de cette question nous est fourni par Hegel (1770-1831), qui suggère qu’il est crucial de bien saisir la spécificité éthique de la sphère singulière de la société qu’est l’école. Hegel est peut-être le plus difficile à lire des philosophes. Mais je pense pouvoir rendre compréhensible ce qu’il propose ici, et qui est très éclairant.  Une sphère éthique médiane  Excluons ces relations que j’appellerais électives que nous avons avec d’autres adultes — comme nos parents, nos amours ou nos amis.  Typiquement, dans la société civile où nous évoluons, nous entretenons avec les autres adultes des rapports par lesquels nous nous considérons les uns les autres selon les rôles et fonctions que nous remplissons. Les sentiments, la subjectivité, et c’est tant mieux, n’y ont guère de place.  Le boulanger, par exemple, est le pourvoyeur de pain et, même si on est poli avec lui, nous n’avons au fond, avec le boulanger, de relation que marchande.  Ces relations abstraites, régulées par d’indispensables normes qui sont indépendantes de nous (l’argent, le prix, les usages relatifs à une transaction marchande, par exemple) constituent la sphère publique de nos vies.</p>
<p>Mais nous avons aussi, bien entendu, une vie au sein de la sphère privée, et celle-ci est bien différente de la première. Ici, les relations sont électives et les sentiments et la subjectivité y occupent une place prépondérante. La famille est le lieu par excellence de cette sphère privée et des types de relations qui s’y nouent.</p>
<p>Nous sommes à présent en mesure de comprendre ce vers quoi Hegel veut attirer notre attention. Selon lui, en effet, l’école est pour l’enfant une sphère intermédiaire entre la sphère publique et la sphère privée. Par l’école, l’enfant sort d’un monde où il aura été entouré de sentiment, d’amour, de confiance naturelle. Au sein de sa famille, l’enfant, écrit Hegel, « a une valeur propre parce qu’il est l’enfant; il fait l’expérience, sans le mériter, de l’amour de ses parents, de même qu’il a à supporter leur colère, sans avoir de droits à lui opposer ». En entrant à l’école, l’enfant sort donc de ce monde, mais sans encore tout à fait entrer dans la sphère publique. L’école, en ce sens, est une sphère intermédiaire et il s’y noue des rapports singuliers qu’on ne retrouve que là.</p>
<p>Hegel explique très bien ce que cela signifie. À l’école, dit-il, « l’activité de l’enfant commence à acquérir, de façon essentielle et radicale, une signification sérieuse, à savoir qu’elle n’est plus abandonnée à l’arbitraire et au hasard, au plaisir et au penchant du moment; l’enfant apprend à déterminer son agir d’après un but et d’après des règles, il cesse de valoir à cause de sa personne immédiate, et commence de valoir suivant ce qu’il fait et de s’acquérir du mérite. Dans la famille, l’enfant doit agir comme il faut dans le sens de l’obéissance personnelle et de l’amour; à l’école, il doit se comporter dans le sens du devoir et d’une loi, et, pour réaliser un ordre universel, simplement formel, faire telle chose et s’abstenir de telle autre chose qui pourrait bien autrement être permise à l’individu. Instruit au sein de la communauté qu’il forme avec plusieurs, il apprend à tenir compte d’autrui, à faire confiance à d’autres hommes qui lui sont tout d’abord étrangers et à avoir confiance en lui-même vis-à-vis d’eux, et il s’engage ici dans la formation et la pratique de vertus sociales. »</p>
<p>Ces remarques éclairent ces tensions qui caractérisent certaines des relations entre l’école et les parents. Ceux-ci sentent bien ce qu’elle implique pour leur enfant, ils savent qu’il leur échappe en partie en commençant de la sorte son entrée dans la sphère publique et que de nouvelles normes se substituent aux leurs.</p>
<p>Partant de là, une question devient vite incontournable : comment justifier l’autorité par laquelle agit l’école et le fait qu’elle s’empare de la sorte des enfants et, en un sens, les soustrait partiellement à l’influence de leurs parents?</p>
<h3>L’autorité d’enseigner : la solution moderniste</h3>
<p>Pour soulever cette question, il nous a fallu sortir de la tradition religieuse, qui tendait à accorder aux parents une pleine autorité sur leurs enfants. C’est avec l’avènement du libéralisme politique que cette autorité ne va plus de soi et doit être justifiée.</p>
<p>Elle le sera en faisant des parents des interprètes des intérêts de leurs enfants, eux dont la rationalité n’est pas encore (suffisamment) développée pour qu’ils soient en mesure de prendre des décisions éclairées pour eux-mêmes. Cette autorité parentale dérive donc de droits qu’ont les enfants, elle implique des devoirs pour les parents et elle est limitée et provisoire.</p>
<p>Notez cependant que l’école, dans ce contexte — du moins l’école publique et à fréquentation obligatoire — n’est absolument pas indispensable et bien des auteurs libéraux vont juger qu’elle n’est même pas souhaitable, parce qu’elle n’est pas la meilleure manière de garantir aux enfants l’éducation à laquelle ils ont droit dans le respect des droits des parents à transmettre certaines de leurs valeurs à leurs enfants.</p>
<p>Mais, peu à peu, une solution va apparaître. Elle emprunte la forme d’un fragile équilibre entre le droit des enfants à un avenir ouvert, le droit des parents à transmettre des valeurs qu’ils jugent fondamentales à leurs enfants et leur devoir de leur donner une éducation et le droit de la collectivité à des citoyens éclairés. Cette solution, qui est celle de la modernité, fait de l’école un lieu de transmission de savoirs. Ce qui n’est pas savoir, et notamment la croyance religieuse, n’y a pas sa place et est renvoyé à la sphère privée.</p>
<p>Dans ce contexte, l’autorité de l’école et des enseignants est justifiée parce qu’impersonnelle : c’est celle que confère le savoir, qui trace autour de l’enfant une frontière que l’école ne franchit pas, mais où les parents, eux, peuvent aller.</p>
<p>C’est ainsi qu’en notant un travail de mathématique ou de français, l’enseignante ne porte pas un jugement subjectif dans le cadre d’une relation personnelle : elle porte un jugement en appliquant les normes du savoir enseigné (qui seules décident que la réponse est bonne ou non) et elle le fait de manière impersonnelle. Ce type de relations et d’autorité préfigure, pour l’enfant, ce qu’il vivra plus tard comme citoyen — et on retrouve ici les analyses de Hegel.</p>
<p>Telle est donc la justification moderniste de l’école, de son autorité et de ses fonctions. Elle permet de comprendre en partie une certaine harmonie mais aussi de possibles tensions qui caractérisent les relations entre école et parents.</p>
<p>L’école, dans ce modèle, est d’abord un lieu d’éducation, c’est-à-dire de formation de l’esprit par la transmission de savoir. Les parents, sur ce plan, sont d’indispensables collaborateurs de l’école : ils la valorisent et respectent ceux qui accomplissent cette importante tâche. L’école, lieu d’éducation, devrait être sanctuarisée, le travail des enseignantes devrait être hautement valorisé et leur autonomie professionnelle jalousement préservée contre toute intrusion, y compris celle des parents.</p>
<p>Mais l’école est aussi un lieu de socialisation : et c’est surtout sur ce plan que les parents y ont leur place, dans toutes ces activités autres qu’éducatives qui s’y déroulent.</p>
<p>Il me semble pourtant que ce type de justification est aujourd’hui contesté et que quelque chose d’inédit apparaît dans les nouveaux rapports des parents à l’école.</p>
<h3>Les parents et l’école : une donne postmoderne?</h3>
<p>De nombreux penseurs suggèrent en effet que nous ne vivons plus dans ce monde de la modernité qui était tourné vers l’avenir, croyait au progrès, à la raison et qui valorisait par-dessus tout l’autonomie de la pensée et l’émancipation personnelle.</p>
<p>Le monde où nous serions entrés, suggèrent ces penseurs, est postmoderne : il est centré sur le présent, ne croit plus à ces vieilles catégories modernistes et n’est soucieux que d’efficacité pratique, de succès et de performance. L’économie et la rentabilité y occupent la place centrale.</p>
<p>Dans un tel monde, si nous y sommes bien, les parents seraient des consommateurs d’école. Ils y verraient un investissement pour leur enfant, un instrument permettant leur ascension sociale et un garant de leur future performativité.</p>
<p>Cet investissement devrait bien entendu être rentable et, en tant que clients, les parents estimeraient avoir des droits qu’ils seront déterminés à faire valoir. Ils magasineraient ce produit et surveilleraient de près leur investissement. Les vieilles valeurs sur lesquelles reposait la légitimité de l’école ne sembleraient plus crédibles à de tels consommateurs et là où le savoir, par exemple, était une fin, il deviendrait un simple moyen — vers le succès économique. Gare à l’enseignante ou à l’enseignant qui y ferait obstacle.</p>
<p>Les parents s’orienteraient alors vers des écoles jugées plus performantes; ou encore, récusant la prétention de la société à imposer quoi que ce soit à leurs enfants, ils refuseraient radicalement l’idée même d’école et choisiraient de les éduquer à la maison.</p>
<p>Il me semble, mais je peux me tromper, qu’il y a quelque chose de juste dans ce portrait qui caractérise certains aspects des actuelles relations école-parents.</p>
<p>Et si j’ai raison, c’est profondément triste et ce doit être très difficile à vivre pour ceux qui font l’école!</p>
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		<title>Entrer en classe sans déjeuner, pas question!</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Aug 2009 14:13:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[C’est l’engagement ferme que le Club des petits déjeuners du Québec a pris envers les enfants et c’est ce à quoi nous travaillons chaque jour pour que tous les écoliers des quartiers défavorisés du Québec aient la possibilité d’entrer en classe le ventre plein et l’esprit ouvert à l’apprentissage. C’est peut-être un tout petit pas [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>C’est l’engagement ferme que le Club des petits déjeuners du Québec a pris envers les enfants et c’est ce à quoi nous travaillons chaque jour pour que tous les écoliers des quartiers défavorisés du Québec aient la possibilité d’entrer en classe le ventre plein et l’esprit ouvert à l’apprentissage. C’est peut-être un tout petit pas vers la réussite, mais c’est tout de même un premier pas dans la bonne direction.<span id="more-34"></span>Chaque jour, beau temps, mauvais temps, les 15 000 enfants membres du Club remplissent leur cabaret et s’attablent avec leurs amis devant un petit déjeuner chaud et nourrissant. L’an dernier, nos 2 500 bénévoles ont servi pas moins de 2,1 millions de petits déjeuners dans 225 écoles réparties à la grandeur du Québec – de Gatineau à Blanc-Sablon, en passant par Inukjuak. De plus, chaque année, des centaines d’enfants, membres du Club, ont la chance de participer à des activités amusantes et enrichissantes. Tous les projets ont pour objectif commun de favoriser le respect de l’autre, l’estime de soi et la collaboration chez les jeunes. De fait, quand on s’arrête quelques minutes pour faire le calcul, on se rend vite compte de l’étendue de la tâche et surtout de la multitude de gens qui contribuent à l’œuvre du Club des petits déjeuners du Québec.  Un regard en coulisse  Pour bien délimiter son intervention, le Club ne cible pas les enfants démunis, mais il vise plutôt les écoles des milieux défavorisés. Il se base sur les indices annuels de défavorisation des écoles des 69 commissions scolaires linguistiques effectuées par le gouvernement du Québec pour établir ses propres priorités dans les régions identifiées 8, 9 et 10 (10 représentant les écoles les plus défavorisées). Cette année, 30 nouvelles écoles recevront les services du Club. Et, malgré le fait que le Club travaille dans des quartiers défavorisés, il a toujours refusé de voir les enfants comme des victimes et de les traiter comme tel. Rien de plus destructeur que d’étiqueter un enfant en fonction de son milieu. Il faut plutôt lui donner le droit d’être ce qu’il est vraiment et de nourrir en lui la flamme du rêve qu’il souhaite si ardemment réaliser. C’est pourquoi le Club accueille tous les enfants, sans exception.</p>
<h3>L’effet d’entraînement</h3>
<p>Après pratiquement 15 ans d’existence, il est plus facile de voir les répercussions de son action sur les plus vieux. En effet, un enfant qui, au départ, ne déjeunait jamais, après quatre ou cinq ans de déjeuners quotidiens à l’école primaire, a très certainement pris l’habitude de déjeuner chaque matin et de manger différents aliments. L’effet Club est par ailleurs décuplé quand ce sont les parents eux-mêmes qui servent le petit déjeuner à l’école, car ils prennent eux aussi l’habitude d’un bon petit déjeuner le matin et sont ainsi plus enclins à continuer de bien manger la fin de semaine. De plus, quand le Club forme les parents bénévoles aux valeurs de coopération, de respect de soi et de l’autre, d’intégrité, d’honnêteté et de travail d’équipe, c’est une formation qui les suit ensuite à la maison, car ils continuent d’appliquer les petites techniques apprises au Club avec leurs enfants.</p>
<h3>Régler le problème de la pauvreté, c’est l’affaire de tout le monde</h3>
<p>Le président-fondateur du Club, Daniel Germain, croit en la mobilisation sociale et il travaille d’arrache-pied à concrétiser les idées qui font une différence dans la vie des enfants. Régler le problème de la pauvreté, c’est l’affaire de tout le monde, estime-t-il. Il incite donc la population, les entrepreneurs, les artistes et les politiciens à troquer leur philosophie de don pour une philosophie d’engagement. Il s’entoure de gens d’action et de parole qui n’hésitent pas à agir pour changer le cours des choses.<br />
—<br />
Une générosité qui porte fruits, lait, œufs, fromage, confitures, céréales, yogourt…<br />
Le Club compte sur de nombreux partenaires alimentaires pour assurer la qualité et la diversité des repas servis tous les matins aux écoliers. La plupart sont au rendez-vous depuis les tout débuts et, année après année, ils ajustent les quantités en fonction des besoins et poursuivent le chemin avec nous. Leur contribution est absolument essentielle à la poursuite des activités du Club, car 80 % de la nourriture fournie aux enfants est assurée par les partenaires alimentaires du Club : lait, jus, œufs, pain, yogourt, fromage, margarine, fruits, etc. Ils voient à tout!</p>
<h3>Le cumul des gestes de chacun</h3>
<p>Pour Daniel Germain, il n’y a pas de petit geste, il y a seulement la volonté de contribuer, le désir de faire sa part, pour qu’au bout du compte, la force du nombre nous fasse avancer dans la bonne direction. En refusant en bloc qu’un enfant entre encore en classe sans avoir déjeuné, en le disant haut et fort et en agissant concrètement dans ce sens, il souhaite qu’un jour, nous puissions enfin rayer cet engagement de la liste de nos priorités.</p>
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		<title>Travail-Respect-Honnêteté</title>
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		<pubDate>Mon, 03 Aug 2009 14:07:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Les premières années dans l’enseignement sont des années de doute. Nos collègues doutent de nous, les directions d’école doutent de nous, les parents de nos élèves doutent de nous, nos élèves doutent de nous et nous-mêmes, finalement (ou d’emblée), nous doutons de nos capacités à faire apprendre dans un climat propice aux apprentissages. On le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Les premières années dans l’enseignement sont des années de doute. Nos collègues doutent de nous, les directions d’école doutent de nous, les parents de nos élèves doutent de nous, nos élèves doutent de nous et nous-mêmes, finalement (ou d’emblée), nous doutons de nos capacités à faire apprendre dans un climat propice aux apprentissages.<span id="more-31"></span> On le constate, la confiance règne! Certains chercheurs parlent même des cinq premières années d’enseignement comme d’années de survie. Pour tenter de survivre de façon agréable lors de nos débuts dans l’enseignement et, peut-être, pour éviter de quitter trop tôt la profession que l’on embrasse, je vous propose quelques pistes de réflexion et quelques idées que j’ai mises en place dans ma pratique à force d’essais et d’erreurs et qui, à cause d’une application systématique en classe, fonctionnent relativement bien.  Trois mots d’ordre  Dans ma classe, dès le premier jour de l’année scolaire, j’impose trois mots d’ordre à mes élèves. Les lettres « T-R-H » peuvent servir d’aide-mémoire parce qu’elles sont les premières lettres des mots d’ordre : Travail, Respect et Honnêteté. Pendant la première semaine de classe, en équipe de quatre ou cinq, les élèves doivent représenter, dans un temps limité (environ 45 minutes à une heure), un de ces mots d’ordre sur une grande affiche. Chaque équipe reçoit donc une grande affiche sur laquelle les élèves devront coller les lettres du mot retenu. On ne peut donc écrire sur l’affiche finale avec des crayons; on ne peut que coller des lettres découpées sur de plus petits cartons. Je m’assure de former dans la classe six équipes de quatre ou cinq élèves. Par conséquent, deux équipes doivent représenter le mot « Travail », deux équipes le mot « Respect » et deux équipes le mot « Honnêteté ». À la fin de l’exercice, une seule affiche sera retenue par un vote secret des élèves. L’affiche retenue pour chaque mot d’ordre sera ensuite affichée dans la classe pour toute l’année scolaire. Notez que ce vote secret me permet déjà d’indiquer l’importance du mot « Honnêteté », mot d’ordre qui amène les élèves à voter pour leur affiche préférée et non pour celle réalisée par leurs amis.  Lors de la distribution du matériel, je remets aux deux équipes qui travaillent sur l’illustration du même mot une grande affiche de la même couleur. Pour chacun des mots, je retiens donc trois couleurs de grandes affiches. Les couleurs des affiches me serviront, à l’occasion, pour rappeler aux élèves quel mot est représenté sur l’affiche de telle ou telle couleur (par exemple : « Peux-tu me rappeler quel mot apparaît sur le carton rouge? »).</p>
<p>En bref, pour réaliser l’exercice, chaque élève doit avoir une paire de ciseaux, un bâton de colle et un crayon à la mine. Chaque équipe reçoit de ma part une grande affiche et cinq feuilles de carton de différentes couleurs. Sur les affiches finales, les élèves auront écrit le mot d’ordre par un collage des lettres formant le mot et ils auront ajouté des décorations en lien direct avec le mot à représenter.</p>
<p><strong>Travail</strong></p>
<p>Lorsque je présente les mots d’ordre de la classe, je demande toujours aux élèves de me dire à quoi sert ce mot pour le bon fonctionnement d’un groupe. Pour le mot d’ordre « Travail », je souhaite retenir deux éléments : pour bien faire son travail, il faut avoir tout le matériel; pour bien faire son travail, il faut écouter les consignes et les respecter. Après les échanges avec les élèves, je m’assure donc que ces deux éléments soient mis en évidence. Ils serviront d’ailleurs lors de la confection de l’affiche sur le travail.</p>
<p><strong>Respect</strong></p>
<p>Pour le deuxième mot d’ordre, « Respect », j’insiste aussi sur deux éléments : je respecte le matériel; je respecte les personnes qui m’entourent. Encore une fois, après les discussions dans la classe, je fais ressortir ces éléments que nous allons devoir retrouver sur l’affiche.</p>
<p><strong>Honnêteté</strong></p>
<p>Finalement, le troisième mot d’ordre, « Honnêteté », dissimule aussi deux pistes de réflexion : je suis honnête, donc je ne mens pas; je fais des efforts honnêtes en tout temps. Je signale, par ailleurs, qu’être honnête ne signifie pas dire tout ce qui nous passe par la tête, mais de répondre honnêtement aux questions que je peux poser. Faire des efforts honnêtes signifie qu’à tout moment, les élèves doivent faire de leur mieux.</p>
<p><strong>Les interactions entre les mots d’ordre</strong></p>
<p>Ces trois mots d’ordre donnent le ton à la vie de la classe. Tout ce qui s’y passe peut être relié, d’une façon ou d’une autre, aux mots d’ordre. « Monsieur, je n’ai pas mon cahier » (travail), « Qu’est-ce qu’on doit faire? » (travail), « Il a déchiré ma feuille » (respect), « Il m’a dit que j’étais stupide » (respect), « Que s’est-il passé à la récréation? » (honnêteté), « Je suis certain que tu peux t’appliquer davantage » (honnêteté). Les trois mots d’ordre peuvent aussi être très étroitement liés les uns aux autres. Pour bien faire son travail, par exemple, il faut respecter les consignes et faire des efforts honnêtes. En somme, je précise aux élèves que, pour apprendre et avoir du plaisir à le faire dans ma classe, il faut être travaillant, respectueux et honnête. À ces trois mots d’ordre, pour être encore plus efficace dans la pratique, j’ajoute trois règles de vie bien simples.</p>
<p><strong>Trois règles de vie</strong></p>
<p>Les mots d’ordre « T-R-H » permettent une vision globale de l’ensemble des problématiques effectives dans une classe. Concrètement, cependant, je retiens aussi trois règles de vie toutes simples pour la gestion de la classe. Premièrement, je lève la main pour demander la permission de parler. Deuxièmement, je lève la main pour demander la permission de circuler. Troisièmement, j’écoute et je respecte les consignes. En début d’année scolaire, j’utilise sans cesse ces trois règles de vie en félicitant les élèves qui les respectent et, si un élève ne les respecte pas, en demandant aux élèves quelle règle n’a pas été respectée à ce moment.</p>
<p>Lors de l’arrivée en classe des élèves, le matin, je fais entrer doucement chaque enfant en lui disant d’aller se placer debout derrière sa chaise. Une fois que les élèves sont tous entrés et qu’ils demeurent debout derrière leur chaise avec leur sac à dos sur les épaules, je prends le temps de saluer la classe et d’expliquer quelques éléments importants de la journée. Avec cette façon toute simple d’entrer en classe, je prends le pouls de la classe dès les premiers instants. Je peux même à ce moment rappeler une règle de vie à un élève qui ne respecte pas la consigne, par exemple. Cette routine du matin est rapidement intégrée par tous les élèves et elle me permet d’intervenir rapidement auprès d’élèves qui ne mettraient pas en pratique les mots d’ordre et les règles de vie de la classe.</p>
<p>Vous le constatez, dans ma classe, il n’y a que trois règles de vie. Elles sont très simples à retenir et à appliquer. Ces règles baignent dans un environnement où le travail, le respect et l’honnêteté sont à l’honneur. En retenant trois mots d’ordre et trois règles de vie, les élèves savent à quoi s’en tenir parce que j’utilise le même langage à tous les jours. Cette façon de faire m’a permis de « survivre » à mes premières années d’enseignement et, aujourd’hui, d’apprécier pleinement notre profession à la fois exigeante et passionnante.</p>
<h3>Note</h3>
<p>Petit historique de cette réflexion sur la gestion de classe : Cet article est le fruit d’une conférence donnée en janvier 2008 à de futurs enseignants dans le cadre d’un cours de didactique de la littérature au primaire. Ces jeunes enseignants étaient sur le point de commencer leur dernier stage de formation et leurs principales interrogations relevaient davantage de la gestion de classe que de la littérature! Pour reprendre les mots de Benoit Séguin : « Dans l’ABC de l’enseignement, la discipline est indiscutablement la lettre A : pas de discipline, pas de salut » (Séguin, 1996, Pour en finir avec l’école sacrifiée, p. 13).</p>
<h3>Références</h3>
<p>Archambault, J., &amp; Chouinard, R. (2003).<br />
Vers une gestion éducative de la classe.<br />
Montréal : Gaëtan Morin éditeur.<br />
Charles, C. M. (1997). La discipline en classe.<br />
De la réflexion à la pratique. Saint-Laurent : ERPI.<br />
Côté, R. (2002). S.O.S. Discipline.<br />
Montréal : Éditions Nouvelles.<br />
Langness, T. (2004). Ma première classe. Stratégies gagnantes pour les nouveaux enseignants.<br />
Montréal : Chenelière/McGraw-Hill.<br />
Pennac, D. (2007). Chagrin d’école.<br />
Paris : Gallimard.<br />
Séguin, B. (1996). Pour en finir avec l’école sacrifiée. Montréal : Boréal.</p>
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