Les enseignants du primaire ne sont pas suffisamment présents sur la place publique. Pourtant, des enjeux touchant l’éducation en général et l’école primaire en particulier sont presque quotidiennement abordés dans les médias écrits ou électroniques. Des experts en tout genre et des commentateurs, des regroupements de parents et des syndicats prennent position. Des débats importants ont lieu qui mènent parfois à des décisions politiques qui viennent modifier les pratiques pédagogiques dans les salles de classe. Pensons au retour des bulletins chiffrés avec les moyennes de groupe, il y a quelques années, et à l’imposition du bulletin unique, cette année. Deux modifications importantes qui sont venues remettre en question une certaine conception de l’évaluation des élèves et du rôle qu’elle doit jouer dans la régulation des apprentissages.
Mais dans ces débats, et dans d’autres aussi essentiels, les enseignants eux-mêmes, on ne les entend presque pas. Ce silence de ceux et de celles qui sont directement en contact avec la réalité du terrain éducatif est pour le moins étrange et inquiétant. Il nous faut donc remédier à une telle situation. Et pour ce faire, il n’y a rien de mieux que de chercher, par tous les moyens qui sont à notre disposition, à prendre la place qui nous revient. Celle d’observateurs de premier plan qui méritent d’être entendus et pris en considération dans toute réflexion sur le passé, le présent et l’avenir de notre système d’éducation.
Voilà la raison d’être de ce blogue de l’enseignement primaire. Le programme que nous nous proposons de mettre en œuvre se décline de la manière suivante. Chaque mois, nous publierons un éditorial en lien avec les grandes questions éducatives contemporaines. Toujours sur une base mensuelle, nous publierons également un ou deux textes, dans une section « Libre opinion », que nous auront envoyés des enseignantes ou des enseignants qui désirent prendre la parole sur un sujet relié à l’actualité en éducation ou à leurs expériences professionnelles. Nous continuerons de proposer un choix d’articles tirés de la revue de l’AQEP : Vivre le primaire. Et finalement, nous procéderons à certaines mises à jour afin de faire de ce blogue une référence pertinente témoignant de la richesse et de l’actualité de la pensée éducative des enseignantes et des enseignants du primaire au Québec.
Espérons que nous serons nombreuses et nombreux à nous engager avec ferveur à relever le défi de la valorisation de cette belle profession d’enseignante ou d’enseignant au primaire. Je vous invite donc à nous faire part de vos réactions à ce premier éditorial et à nous proposer des projets de texte pour notre future section « Libre opinion ».
Pour débuter cette nouvelle année scolaire, quoi de mieux que de présenter une école où vivre la différence prend tout son sens. Je vous présenterai le point de vue de trois éducateurs chevronnés qui y travaillent quotidiennement. Il s’agit du Centre pédagogique Lucien-Guilbault fondé il y a plus de 60 ans et situé sur la rue Tolhurst dans le quartier Ahuntsic de Montréal depuis 35 ans. (Lire la suite…)
Il fut un jour où j’étais petit. Il fut un jour où vous aussi étiez jeunes garçons ou jeunes filles. À cette époque, je m’amusais avec des figurines, des jeux de construction et une bonne dose d’imagination. Un de mes jeux préférés était mes LEGO, avec lesquels je pouvais faire ce que je voulais. Je nourrissais mon cœur d’enfant de fabuleuses histoires : j’étais pilote d’avion, aventurier à la recherche de trésors, ou même le plus grand inventeur du monde. La limite de mon imagination dépassait, et de loin, les possibilités de mes jeux d’enfant. (Lire la suite…)
Susciter la motivation pour la lecture, proposer des tâches signifiantes d’écriture, éveiller suffisamment l’intérêt sur un sujet pour donner le goût d’en connaître plus et de rechercher l’information nécessaire pour produire un texte rigoureux sont des aspects essentiels pour capter l’attention des élèves et leur donner le goût de s’investir dans une tâche, mais ce n’est pas toujours facile de trouver l’idée du siècle. Et si la littérature de jeunesse pouvait nous aider? (Lire la suite…)
Il y a parmi les créateurs de livres pour enfants, certains personnages dont l’univers est unique, inimité et incomparable.
Ils sont rares et bien souvent dérangent légèrement les adultes que nous sommes parce que leur monde « nous échappe un peu » et que nous avons l’impression d’être pris au dépourvu pour expliquer aux enfants le sens de telle illustration ou de telle phrase. Mais c’est exactement là que se situe le défi à relever : ne pas chercher à tout expliquer; être capable de se laisser aller dans l’univers proposé et attendre que ça nous « parle » comme on écouterait une œuvre musicale ou on regarderait un tableau. Et surtout, surtout : faire confiance aux enfants qui comprendront ce qu’ils voudront bien comprendre, qui se feront une place à travers les émotions ou les actions des personnages, en toute liberté. Cela ne fait-il pas aussi partie du processus de la lecture que de développer cette intuition à comprendre et à découvrir les symboles? (Lire la suite…)
Le ministère de l’Éducation a confirmé par lettre en juin dernier que les élèves du primaire ne sont plus pénalisés s’ils utilisent la nouvelle orthographe dans les épreuves d’écriture (examens ministériels). Vous trouverez ci-dessous les détails de cette lettre. Nous vous présentons également de nouveaux outils destinés aux enseignants (enseignement de l’orthographe et sa correction), dont certains sont même accessibles aux parents et à tout le personnel de l’école. (Lire la suite…)
Les écueils auxquels l’enseignant se voit confronté dans son dialogue avec les parents d’un élève en difficulté psychologique sont multiples mais non insurmontables. Y être sensibilisé permet de manœuvrer avec plus d’aisance afin d’atteindre l’objectif recherché : aider l’enfant à améliorer sa qualité de vie scolaire malgré sa vulnérabilité affective. (Lire la suite…)
Le travail auprès des enfants, dans quelque domaine que ce soit, est fait de particularités, voire de subtilités relationnelles, qui échappent à beaucoup d’autres métiers ou professions. Ainsi, que nos visées soient pédagogiques ou thérapeutiques, il nous faut généralement parvenir à nous mettre un peu dans la peau du parent pour pouvoir déployer pleinement notre action professionnelle en présence des élèves dont nous avons la charge. Parmi les obligations qui nous incombent, qu’on soit thérapeute ou enseignant, il y a cette nécessité de créer des alliances et d’établir des réseaux de communication efficients avec les parents qui nous confient leurs enfants. Dès lors, nous sommes imputables des responsabilités inhérentes à notre action professionnelle à l’égard de leurs enfants, d’où l’importance d’une saine collaboration parents/enseignant. (Lire la suite…)
Les devoirs, véritable fenêtre sur l’école… et la maison! C’est en effet bien souvent par ce biais que parents et enseignants peuvent tenter de voir, de comprendre et d’expliquer ce qui se passe quand l’enfant présente des difficultés à l’école. En regardant ce qu’il doit faire comme devoirs le soir à la maison et comment il les fait, les parents se font une idée de ce qui est vu en classe mais aussi de l’intérêt que l’enfant porte à l’école et des moyens qu’il prend pour étudier, moyens qu’on lui a ou non enseignés. En prenant le temps d’en discuter un peu avec lui, les parents peuvent aussi voir de quelle façon leur enfant perçoit son enseignant. Dès lors, ils se font une idée sur les moyens que ce dernier utilise pour gérer sa classe et aider leur enfant à apprendre. (Lire la suite…)
Véronique fait nerveusement tourner son globe terrestre. Il ne reste que trois jours avant la remise des premiers bulletins. Trois jours de sommeil difficile et d’attaques d’urticaires au terme desquels la jeune enseignante devra soutenir leurs regards, interpréter leurs silences, affronter leur attitude, diminuer leurs inquiétudes, ignorer leur ton et combattre la tentation d’enfermer sa tête – ou la leur? – entre les deux moitiés dudit globe terrestre. Car dans trois petites journées, redoutés comme les agents de l’impôt ou la grande Inquisition, ils seront là, dans sa classe : les parents. L’enseignante se demande pourquoi elle n’a pas choisi une profession plus tranquille. Contorsionniste, tiens, ou démineuse dans l’armée canadienne… (Lire la suite…)